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tout un chacun le reconnaîtra: bruxelles s’internationalise de plus en plus au fil du temps. l’afrique elle aussi y est bien représentée, depuis d’ailleurs de nombreuses années. si le quartier évolue, matongé reste bel et bien présent dans le haut de la ville. il va de soi qu’afrique rime avec fête. de fil en aiguille, il est donc tout à fait normal d’écumer une sélection non-exhaustive de quelques bars à l’ambiance particulièrement décontractée, où le stress de la journée n’aura même jamais existée:retour

ce dossier a été publié en primeur dans le magazine kiosque d'octobre 2007

l’horloge du sud:141 rue du trône:1050

Depuis déjà de nombreuses années, cette taverne-resto située à l’angle de la chaussée de Wavre et de la rue du Trône s’oriente vers le Sud, tant au niveau de la musique que de la déco, de la cuisine ou de l’ambiance en général. Mais ce n’est pas parce que l’on se trouve en périphérie de Matongé que cette Horloge dérive vers les rives du Congo. Non, le Sud se dessine au sens large, de Rio à Ouagadougou en passant par la Havane. Les embruns de la canne à sucre parfument les verres par leur multitude et leur diversité. Toute l’Amérique latine des rhums est représentée, des Trois Rivières de la Martinique au Santa Teresa du Venezuela en passant par le Havana Club de Cuba version 7 ans d’âge. Divers flacons du Sud donc pour réchauffer notre atmosphère nordique sans oublier quelques spécialités plus africaines du côté des bières et des cocktails. Pour en citer quelques-uns: le 2e Bureau propose une déclinaison de rhum, de jus de gingembre et de citron (pour la petite histoire, cette expression congolaise représente la maîtresse); le Matongé Dreams mélange le rhum au citron vert et au sucre de canne; enfin, la Vie est belle assortit le rhum au lait de coco et au citron vert agrémenté de sucre de canne. Quant au Lumumba, on vous laisse deviner. Côté déco, on joue la carte du simpliste : vieilles tables et chaises çà et là au gré du large espace des lieux, de même que les boiseries et sur le mur du fond un imposant miroir dans lequel se reflètent les djembes et marimbas qui surplombent le bar. La cuisine suit bien sûr la tendance générale et est surtout basée sur trois grands classiques que sont la moambe, le gasse ou la yassa, quand ce n’est pas une création du chef à base de produits tropicaux. On secoue toute cette préparation pour obtenir un mélange de cultures, de goûts et de saveurs, des verres à l'assiette en passant par les habitués, curieux ou amoureux de ce brassage de genres. Salle à l’étage sur réservation.

le dakar:134 chaussée de wavre:1050

On ne s’attend pas spécialement à une déco si moderne et dépouillée pour un bar d’origine sénégalaise. Les tons sont à prédominance crème pour bien laisser ressortir le contraste des tables et chaises en métal brossé. La clientèle ne semble pas spécialement habituée à voir entrer les locaux brusselaires (les toubabs comme ils disent) mais s’accorde vite au sourire de la barmaid. La carte se veut plutôt classique d’ici mais réserve tout de même quelques surprises tel le rafraîchissant jus de bissap (de l’hibiscus en fait) et quelques cocktails bien enlevés. Pour les petits creux, poulet yassa et mafé sont disponibles toute la semaine, tandis que le thièbe, plat typique sénégalais, est proposé à emporter tous les samedis.

le verseau:29 rue saint-boniface:1050

Le Verseau attire une clientèle plutôt chamarrée et multiculturelle même si la prédominance semble aller vers l’Afrique. L’affluence est régulièrement au rendez-vous, d’un public tant attiré par la restauration que par le bar proprement dit. A l’intérieur de cet espace tout en profondeur en effet, le comptoir de brasserie recèle quelques amoncellements de fruits et autres ingrédients frais qui, mélangés à divers alcools, se révèlent de succulents cocktails. On a personnellement tenté des mélanges à base de mezcal ou de gingembre, à faire gratter le fond du gosier et pétiller les iris. La terrasse est agréable pour les fins de soirées à siroter, tandis qu’on s’installera à la chaleur du plancher pour déguster de petits plats bien relevés, à moins de se diriger vers la salle du fond, sa piste de danse et son DJ les soirs d’ambiance.

cap à fric:13 rue longue vie – 1050

Au sein de cette rue piétonnière, les terrasses se succèdent, mais toutes ne sont pas spécialement ouvertes à diverses tendances colorées, autant le savoir. Au Cap à Fric, pas de souci, les banquettes et tables extérieures accueillent chaque coloris de Matongé, sans distinction. A l’intérieur, l’agencement tout en longueur voit se succéder une première petite salle aux murs de briques à nu et aux quelques tables, une pièce centrale garnie d’un bar filiforme et en fond d’une mini piste de danse assortie du comptoir de Mr. DJ. Ici, même la carte des bières nous transporte sous d’autres latitudes: si on trouve la Guinness, attention, c’est “l’Africaine” – comprenez l’Export! Pour le reste houblonné, Flag, Baufort, Gazelle viennent bien du continent noir tandis que la Matongé est spécialement brassée pour le quartier.

soleil d'afrique:10 rue longue vie:1050

situé dans la même piétonne ruelle en vis-à-vis du cap à fric, le serveur du soleil d’afrique semble s’entendre plus que bien avec sa consoeur d’en face. il accueille également en son établissement une foule bigarrée, venue bien souvent tout spécialement y tenter une cuisine exotique variée et à prix modique. on s’y délecte à pas d’heure de yassa, moambe, tilapia, chèvre grillée, mafé et autres à des tarifs généralement bien en-dessous des 10 eur. les fresques murales et la vitrine bariolée ajoutent à l’ambiance chaleureuse, animée mais décontractée qui émane de ce soleil. bref, tout ce qu’il nous faut pour nous réchauffer sous nos froides latitudes.

piwili:28 rue fossé aux loups:1000

disposé en duplex, le piwili étire sa terrasse en bordure de galerie commerçante désertée en heures tardives, un plus pour la tranquillité des voisins. l’agencement des lieux, à la déco cosy et aux tons chaleureux se veut un écrin de choix pour tester l’un des cocktails élaborés par le boss du bar, à l’expérience incommensurable. il n’a pas son pareil pour passer d’un brahm’s orgasm au goût sirupeux du sweet barbie, pour ne citer que ces deux-là. associé à l’haïtienne marcelyne, qui a ramené de ses contrées le trop rare barbancourt, il propose une très jolie gamme de rhums à goûter nature pour en profiter comme il se doit. bref, il est normal en ces lieux de fréquenter des clients soit en provenance des îles soit en soif de voyage épicés. le résultat vaut une ambiance plutôt joviale faite de rires et de brouhahas. pour les petites et grandes faims épicées, la cuisine antillaise et africaine va plus loin que les simples accras et désormais classiques assiettes de boudin créole.

ma cabane bambou:11 rue du prince royal:1050

pas tout à fait dans matongé mais juste à une encablure, ma cabane bambou étale ses paillotes d’outre-mer entre des murs aux tons chaleureux et colorés. tant les quelques poufs éparpillés autour des tables basses que les hauts tabourets du bar sont rapidement pris d’assaut par les nombreux habitués du quartier (ou non) venus prendre l’apéro, qu’ils soient anciens adeptes du requin chagrin, ou autres marins échoués un jour sur une rive réunionnaise, sans nul doute, on aime marlène et l’ambiance qu’elle a généré entre ses palmiers et photos de soirées endiablées. évidemment, on aime aussi ses délectables cocktails (assez généreux il est vrai) dont l’indispensable et incontournable pépé loulou ou encore une caphrine de feu au goût inimitable.

kazi surprise:46 chaussée de wavre:1050

Quelques nostalgiques se souviennent sans doute encore du fameux bar guadeloupéen, le Pointe à Pitre, tenu d’une main ferme par la sculpturale Alidia. Si l’ambiance a changé, l’établissement a priori n’est pas tellement différent même s’il est maintenant résolument tourné vers l’Afrique. La mixité n’y est d’ailleurs pas toujours de mise et n’est certainement pas la règle générale. Quoi qu’il en soit, ce lieu est typique et vaut le détour ne fût-ce que pour ses racines de longues dates dans le quartier.

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