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à l’heure où l’on écrit ces lignes, la frontière linguistique est toujours perméable. advienne que pourra, les bars bruxellois néerlandophones, eux, ne se sont jamais joué la carte du vl pur et dur scotché sur leurs vitrines. on y tchatche avec l’accent nordiste, en accueillant la foule francophone et autres cosmopolites de la capitale de l’europe. alleï, gezondheid !

ce dossier a été publié en primeur dans le magazine kiosque de novembre 2007:retour

l’archiduc:6 antoine dansaertstraat:1000:025120652

autour du piano central qui ne rate pas une occasion de diffuser ses notes, s’anime une foule hétéroclite venue siroter l’une ou l’autre boisson variant du pisco sour au ballon de rouge en passant par quelques cocktails classiques à base de rhum mais aussi et surtout à base d’absolut (vodka suédoise bien connue pour les ignorants !) et autres bières standard. le jazz est généralement de rigueur, ce qui n’est pas pour nous déplaire, tant au rez que sur la mezzanine enfumée. à noter que arno, le plus francophone des flamands de la capitale, et quelques artistes français en exil ont pratiquement élu domicile à l’archiduc.

monk:42 sint-katelijnstraat:1000

comme pas mal de stams du quartier, le monk est un lieu de rendez-vous cutlturello-éthylique : entendez qu’une intelligentsia et autres habitués ou de passage s’y abreuvent autant de houblons divers que de nourriture spirituelles. ces en-cas de l’esprit se composent d’une large palette de conférences, lectures de poèmes ou concerts plus endiablés entre autres. une activité qui peut valoir le détour également consiste en ces fameux cafés de langue new amigos, lancés en norvège en 2002, et qui permettent à un public de cultures et langues hétéroclites de pratiquer tous ensemble un jeu de société, histoire de mélanger et apprendre les idiomes des autres participants. ça se déroule dans une ambiance de rires et bruyante tous les mardis de 19h à 23h.

walvis:209 antoine dansaertstraat:1000

après le quasi-scandale qu’avait suscité la fermeture du walvis, beaucoup avaient craint quant à la destination du lieu. hosanna, le bar vient de rouvrir dans le même esprit d’origine, désormais sous l’égide des tenanciers du markten (voir par ailleurs). si ce n’est un décrassage de bon aloi, la déco est restée telle qu’elle était : boiserie usée des fifties, comptoir indescriptible et terrasse donnant d’un côté sur la fin de dansaert, de l’autre sur le canal, un must. l’ambiance elle non plus n’a pas changé d’un iota. les week-ends laissent toujours la part belle aux dj's, tandis que l’humeur bobo quotidienne reste d’actualité. on a peine à croire à une quelconque fermeture. en quelque sorte, dansaert a retrouvé son âme. bien entendu la vedett et la bel pils jouent toujours les vedettes du comptoir, mais bon nombre de cocktails et autres spécialités houblonneuses ne manquent pas de répondre à l’appel. il est bon de noter que désormais, les serveurs viennent prendre la commande. quelle révolution !

bizon:7 karperbrug:1000

plutôt bar de (pré-)nuit que pour le café du ptit-déj, le bizon connaît des heures de gloires grâce notamment à deux spécialités : les shots de vodkas, servis à ras bord de préférence, et les concerts live du lundi soir. question ambiance, autant dire que c’est rapidement animé : on s’installe à l’une des tables, directement au comptoir ou en mezzanine avec vue plongeante sur la salle de saloon aux mille et un tickets de concerts scotchés de-ci de-là, pour recevoir une horde de décibels bien rocks dans les oreilles, avant de prendre un nouveau départ pour d’autres lieux brumeux.

beursschouwburg:20 a. ortsstraat:1000

le pôle culturel flamand de brussel ouvre allégrement sa buvette dès que l’occasion se présente. on s’y rencontre généralement en fin de semaine, pour refaire le monde dans les deux langues nationales – avec tout de même une prédominance pour celle de vondel - et surtout autour d’un bon verre, lors de l’une ou l’autre soirée spéciale ou autre jam session. l’endroit est in, le public se la joue out, pas de raison de se prendre la tête donc, we zijn hier in bruxelles et nulle part ailleurs, en plein cœur d’un pôle réellement multiculturel.

el metteko:95 anspachlaan:1000

el metteko, stadscafé s’il en est et comme il se définit, accueille un vrai brassage de cultures et de genres. sa terrasse voisine de la bourse et riveraine du boulevard ne désemplit cependant pas, mais c’est également pour l’état d’esprit et une carte sympathique que l’on s’y retrouve. les nombreux rhums des caraïbes se dégustent nature ou en cocktails, presse internationale en main, après un expresso serré et avant le spaghet’ ou chili con carne salvateur. pour les amateurs du genre, l’heure joyeuse se déguste de 23h à minuit, spécialement en cocktails.

café central:14 borgwal:1000

installé à l’entrée de saint-géry, le café central et sa déco kitscho-fifties accueille une large population bobo à tendance artistico-branchouille. on s’y exprime dans les deux langues bruxelloises sur un fond de musique jazz-funk, en indoor ou sur le trottoir-terrasse-fumoir. Dolle Mol 52, Spoormakersstraat – 1000. On en parlait déjà à la rentrée (scolaire, ben oui) : le repaire d’anarchistes, où les pensées philosophiques étaient meilleur marché que la pinte de ménage, cet antre de buveurs de blondes a rouvert il y a peu. On vous laisse tenter la nouvelle formule, plus sage (quoique) qu’à l’époque, mais surtout, pensez aux aspirines du lendemain : ça nous étonnerait que ce caberdouche (ou plutôt sa clientèle) ait fondamentalement changé à ce point de vue-là.

het goudblommeke van papier:55 cellebroersstraat:1000

cette fleur-là a récemment été rouverte par une équipe plutôt flamande, ce qui a fait grincer des dents certains. qu’importe, saluons plutôt la persévérance de ceux qui ont pris le risque d’une restauration pour offrir à nouveau au public le style authentique de ce bistrot antédiluvien, repaire en son temps des surréalistes belges, de chaque côté de la taalgrens.

kafka:6 zwarte lievevrouwstraat:1000

le kafka est le stamcafé bruxellois par excellence depuis 1986, éternellement enfumé mais avec toutefois quelque chose en plus qui lui confère un charme certain et donne au convive l’envie de revenir une prochaine fois. musique à gogo sans discontinuer, foule hétéroclite aussi bien franco que flamandophone, mais surtout large éventail de vodkas à la carte : zubrowska, stolichnaya, moskowskaya ou autre finlandia, le tout dans une déco de rustique caberdouche, vieilles tables et chaises fatiguées entourées d’affiches tout aussi anciennes, immuable à jamais.

dépôt martin's pub:32 a. ortsstraat:1000

venant de leur dilbeek frontalier, les deux associés à l’origine du dépôt ont installé en plein centre de la capitale flamande un bar où il fait bon prendre un peu de bon temps, que l’on vienne de l’une ou l’autre communauté ou gemeenschap. la fin de leur patronyme l’augure : on trouve ici toute la gamme des mousses, ales et stout de chez martin’s. sans complexe, la guinness les côtoie au fût dans une ambiance tamisée correspondant presque à un standard de bar d’hôtel ou de pub upper-class. les plus sont légions : carte d’alcools et cocktails bien achalandée, tv brussel sur écrans plats ou encore connexion wi-fi (une des premières in town). gezondheid !

gele poraa:25-27 jules lahayestraat:1090

fréquenté par les étudiants de la kub et autres élèves-infirmiers de brugmann, le poireau jaune de jette se décline en deux étages, le supérieur étant en général réservé aux bleusailles et autres réunions folkloriques. ambiance plus flamande et rock dans ce coin du nord de bruxelles, qui participe tous les ans aux jazz jette june.

de ultieme hallucinatie:316 koningsstraat:1210

un peu caché à l’ombre de l’église sainte-marie, cette dernière hallucination est abritée dans un grandiose hôtel de maître datant du milieu du 19e siècle. dû à l’architecte paul hamesse, le bâtiment de style art nouveau géométrique a été rénové en 1981 pour accueillir le restaurant & bar actuels. Du côté brasserie, on s’installe toujours sur les banquettes de train années ’30 conçues en leur temps par vandevelde, avec vue sur les fausses roches d’époque, pour déguster comme il se doit l’une des six trappistes du pays. quand culture rime avec houblon…

ab café:23b steenstraat:1000

le bar de l’ancienne belgique ouvre principalement ses portes les soirs de concert. ici point de tralala mais une véritable cafét’ de salle de spectacle avec des vraies bières de chez nous, un bon zinc et des hauts tabourets où l’on s’écrase l’un l’autre certains soirs pour arriver à portée de voix du barman. ambiance bien entendu bruyante et enfumée pour la multitude entassée, mais après avoir vu et entendu l’un ou l’autre groupe déverser ses décibels. à noter qu’en dehors des soirs de concert, le café ou son resto adjacent se louent à la demande.

barapaat:25 kardinaal mercierplein:1090

bon nombre d’habitués fréquentent le barapaat depuis 1997. la déco voue un culte à jésus et autres bondieuseries, presque impossible à ne pas remarquer. il ne faut d’ailleurs pas hésiter à admirer la vitrine de cette ancienne boucherie avant d’entrer. ce lieu d’épicuriens est connu par monts et par vaux pour ses couleurs chamarrées, sa bonne humeur et sa bonne cuisine. même le curé de la paroisse fréquente ce eetcafe. la carte des boissons est plutôt classique avec quelques surprises comme par exemple la rareté de trouver tant la leffe que la ciney. mais ce n’est qu’un détail. la carte de la cuisine, qui ouvre de midi à minuit, est elle aussi sans réelles surprises, si ce n’est de donner la possibilité de varier entre des portions petites, moyennes ou larges.

de markten:5 oude graanmarkt:1000

déco minimaliste pour la cantine de ce centre culturel, qui profite cependant d’une large terrasse ombragée. quelques petites tables alignées dans une ambiance d’un blanc quasi hospitalier, rehaussée par la présence d’une petite litanie de bières sympathiques et d’une petite restauration pour toutes les heures de la journée : du croissant pour le petit-déj’, aux spags, lasagnes, salades, etc. à noter que ce sont les patrons du Markten qui se sont lancés dans la réouverture du walvis, autre haut-lieu de libations vondelo-bruxelloises.

skieven architek:50 vossenplein:1000

avec son nom en hommage aux projets d’architectes qui ont reconçu la ville au début du siècle dernier, cet établissement ouvre ses portes en plein quartier typique de Bruxelles. Face à la place du jeu de balle et de ses brocanteurs, il accueille tous les accents truculents ou non sur une terrasse arborée. .

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